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Blanche Allarty

par Carlos Pereira

Etoile du Cirque Molier, Blanche Allarty est l’une des plus brillante écuyère de Cirque de la Belle époque.
Blanche Allarty par Pal

Affiche de Blanche Allarty par Pal

La meilleure élève du célèbre Ernest Molier

Blanche Allarty, la plus douée des élèves de Ernest Molier, apparaît pour la première fois officiellement au programme du cirque de son professeur en 1890. Lors de la onzième représentation de ce cirque amateur situé rue de Bénouville, à Passy à coté du Bois de Boulogne, la jeune écuyère est immédiatement adoptée par le public aristocratique.

Elle présente un numéro de voltige à la Richard ; exécutant sur un cheval nu des acrobaties équestres, dont la principale consistait à franchir une barrière en équilibre sur le cheval. Elle fait de la haute voltige , avec une aisance, une sécurité, une précision et une grâce qu’aucun professionnel ne peut dépasser » disait son professeur, visiblement séduit par le charme équestre de sa protégée.

Blanche Allarty était son nom de scène. Mlle Lamiday de la Rochelle de son vrai nom, était aussi une gymnasiarque accomplie et une excellente dresseuse de chiens et de chameaux. Elle débuta sa carrière artistique chez le célèbre directeur de cirque Victor Franconi. Elle se fit applaudir dans tous les grands cirques européens et passa quelque temps en Russie. Ingénieuse,

Trapèze à cheval

Elle avait plusieurs corde à son arc. Elle aimait créer des numéros nouveaux, époustouflants et susceptibles d’augmenter sa notoriété. C’est ainsi, qu’elle innove lors de la douzième représentation du Cirque Molier, en créant un numéro de trapèze à cheval. Dans cet exercice personnel, elle associe ses deux compétences : la gymnastique et l’équitation.

Elle participera aussi à un divertissement équestre baptisé Ali-bibi et ses trois dames, création d’Ernest Molier. De retour au Cirque Molier en 1894, après une tournée européenne, elle s’intègre à la troupe amateur, avec deux numéros : un pas de deux avec l’autre grande écuyère Julia de Nys et exécutera la grande voltige avec une remarquable maestria et une impeccable précision

livre de Molier - Blanche Allarty

Couverture du livre de Molier

En proie à une vive émotion

Dans son livre Le Cirque Molier, Ernest Molier évoque avec humour une anecdote. Voulant épater le public d’un cirque européen et sous l’emprise des ovations, elle enchaînait des sauts de barrière debout en équilibre sur son cheval. Quand soudain, le public debout en proie à une vive émotion  comme le décrit Ernest Molier, sa protégée est projetée et percute un fauteuil. Heureusement, elle n’eu qu’une blessure au nez et aucune fracture.

C’est ainsi qu’il parle de son nez : «… Mlle Allarty avait autrefois le nez en trompette. Elle l’eut pendant un certain temps et l’aurait probablement gardé toute sa vie, si un beau soir, il ne s’était subitement transformé en plus pur bourbonien… »

Blanche Allarty en équilibre sur sa monture

Blanche Allarty en équilibre sur sa monture – photo Molier

Fondatrice d’un cirque 

En 1897, Blanche Allarty devient directrice du Cirque Franco-Arabe. C’est à partir de cette date aussi, que le public du Cirque Molier découvre de nouvelles montures : des chameaux. Elle jouera probablement un rôle important dans le dressage des camélidés. En effet en 1898, Molier présente deux chameaux en double haute école :  l’un monté en amazone par Blanche Allarty, l’autre monté à califourchon par Melle Bénédicte Frissonnet

Cavalière aux multiples talents, Blanche Allarty avait des qualités de dompteuse d’animaux exotiques.

Carlos Pereira
Adaptation de l’article : Blanche Allarty par Carlos Pereira dans Cheval Magazine ( février 2005)
À lire :
  • Cirque Molier – 1891.
  • Le Cirque par Molier – 1925.