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Un article sur le retour de Jules Léotard au Cirque de l’Impératrice, signé  H. P. dans le journal La Gazette des Etrangers, le 14 mai 1864.

Cet article, que nous avons trouvé au cours de nos recherches pour notre prochain livre Trésors du Cirque des Champs-Elysées, est dédié à Michèle Pachany-Léotard, la petite fille de Jules Léotard.

Cirque de l’Impératrice

Cirque des Champs-Elysées - histoire
Devant le Cirque des Champs-Elysées

« … Il est donc revenu, l’Appolon du Trapèze, l’Antinoüs de la gymnastique, le conquérant de l’air qui monte et qui se dirige dans le vide sans hélice ni ballon. L’homme volant qui n’a pas d’ailes et qui ne redoute point les chutes d’Icare… l’homme modèle dont la taille est mince, la poitrine large, le mollet musculeux et bien placé… le jeune Léotard est revenu.

Aussi, jeudi soir, on se battait pour entrer au cirque. (…)

Léotard est revenu avec son bagage de prodiges considérablement augmenté. Le régal qui nous offre, c’est toujours une infusion de trapéze. Mais les doses ont changé. Des tableaux nouveaux et stupéfiants ont été ajoutés à ce poème dont il est le héros, et où les trapézes jouent le rôle des confidents.

Ce garçon-là est unique.

Perfection, légèreté, aisance

croquis de Paul Haynon de Léotard
Léotard au trapèze volant – croquis de Paul Haynon.

Il a une perfection, une légèreté, une aisance et une sûreté qui rappellent les vocalises de la Patti. Nul effort apparent, nulle trace de fatigue. On dirait qu’il est né faisant ce qu’il fait, et quels que soit l’audace et le péril de la voltige, on n’en voit que la grâce moelleuse et mélodieuse. C’est là qu’il n’a point d’égaux et qu’il est, en son genre, de la famille des artistes de race. 

On ne le remplacera pas plus que Mario, s’il est permis de comparer le gymnaste au ténor. C’est la même élégante suavité. Les autres athlètes empoignent les trapèzes sèchement, brutalement, comme un ouvrier saisit son instrument de travail revêche et dangereux. Lui, les cueille au travers l’espace et on dirait qu’il les caresse comme des fleurs sans épines, et qu’il joue avec eux, comme l’oiseau avec les branches sur lesquelles il sautille.

Fioritures nouvelles

C’est un spectacle poétique et charmant.

Tout Paris ira donc revoir Léotard dans son grand air des trapèzes, avec adjonction de fioritures nouvelles… »

H. P. 

Sources

Jules Léotard par Pierre Lartigue

Cirque de l’Impératrice – H. P. – La Gazette des Etrangers – 14/06/1864.

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Trésors du Cirque des Champs-Elysées à Paris - couverture
Cirque des Champs-Elysées