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Achille Zavatta au Cirque Bostok en 1947. Extrait du livre Achille Zavatta, Star du Cirque, chapitre Alex et Zavatta, de Dominique Denis.

Trois millions de francs !

chapiteau Bostok
Affiche du chapiteau Bostok

En ce début d’année 1947, les deux frères Jules et Jean Figuier, décidèrent de se séparer. Jules Figuier, associé avec la famille Gazançon, monta un nouvel établissement intitulé The Great Royal Circus, avec un chapiteau à quatre mâts au carré. 

Eléonore Figuier, qui était une femme d’affaires avisée, décida de tenter sa chance en lançant sur le Voyage un cirque de grande dimension. Il lui fallait un associé et elle eut la bonne idée de s’adresser à son petit frère Achille dont la notoriété était alors bien établie à Paris et en Province. Pour cela, il devait apporter trois millions de francs. Achille était bien loin de posséder ce capital… 

Allant droit au but, il demanda à Joseph Bouglione de lui prêter cette somme plus que rondelette. Si Joseph Bouglione était son patron, il était également son ami, son frère ! Sans discuter, il lui remit ce pactole ! 

Achille Zavatta - pantin
Achille Zavatta – pantin animé

Débuts à Saint-Lô

Eléonore, Jean Figuier, William Moore et Achille Zavatta, commandèrent un nouveau chapiteau, achetèrent quatre camions dans un surplus américain et un appareil de chauffage à air chaud pulsé… ils firent imprimer des affiches, établirent un itinéraire, et débutèrent à Saint-Lô. 

Ils étaient prêts à se mesurer aux Amar, Bouglione, Bureau ou Lamy. 

Profitant de l’engouement pour tout ce qui était américain, les associés choisirent comme enseigne celle de Bostok – sans le pénultième C – dans le but de se faire passer pour un cirque venant des U. S. A. 

Sur les affiches on pouvait lire que le Cirque Bostok était de retour des Etats-Unis après dix-sept ans d’absence… Les pavés de presse, dithyrambiques, annonçaient le Roi du Cirque, le rival de Barnum, avec 200 artistes et 35 attractions mondiales… 

Pour se mettre à l’heure américaine, Achille s‘acheta un Stetson, une chemise à carreaux et une tablette de chewing-gum !

Bostock ou Bostok ?

Bostok - programme
Programme Bostok

Bostock était un établissement d’origine anglaise fondé en 1805 par Georges Wombwell, qui fut repris par Frank Charles Bostock et voyagea en Amérique et en Europe, notamment à l’Hippodrome de la Place Clichy, au début du siècle. 

Par la suite, on revit plusieurs cirques Bostock en France, comme en 1913, un chapiteau dirigé par Frank, en 1928, une semi-construction, sous la direction de Léon Volterra à Paris, au Luna Park et en été 1930, l’ex-Cirque Fratellini de Gaston Desprez.

Direction Figuier, Moore et Zavatta

Le Bostok Circus sous-titré Le Cirque qui a fait courir le monde entier, direction Figuier, Moore et Zavatta, proposait un aimable programme qui brillait par l’absence de grosses attractions et de numéros d’animaux, si ce n’étaient les chevaux nains de Williams

En première partie, la comédie clownesque était assurée par les clowns Tito et André Randel. Ce dernier était un jeune et talentueux Auguste dont la spécialité était la danse caoutchouc. Il était le fils de Justin Randel (le fils de Thomas Randel qui était l’associé de William Moore Senior) et Henriette Hassan

Parmi les différents numéros, se détachaient le trio de danse acrobatique Moore, les joyeux cascadeurs Barello, la fildefériste Miss Nora (Eléonore en personne)… les sauteurs à la bascule Rascos, la jeune trapéziste élève de Marcoud, Andrée Auclère… et l’étonnant acrobate aérien Pierrely dans sa marche au plafond. 

Alex et Zavatta

Alex au Bostok Circus
Alex au Bostok Circus – affiche

Enfin, Alex et Zavatta étaient annoncés comme étant les ambassadeurs du rire français. Ils interprétaient un classique, l’entrée du service militaire. 

Dans l’organigramme de l’entreprise, le chef monteur était Gustave Li, l’avant-courrier, Yvez Ledeuff, et la concession était attribuée à Ange Barello. 

Les parents d’Eléonore et d’Achille, tenaient la caisse de la ménagerie. Un jeune homme du nom de Bob Vasseur, ex-parachutiste de la première armée de Delattre de Tassigny, se fit engager à un poste aux multiples fonctions. 

Dominique Denis

Extrait de Achille Zavatta, Star du Cirque – Dominique Denis – Arts des 2 Mondes – Paris – 2010 (en cours de réédition).

Sources

  • Trois millions de francs !
  • Grand répertoire des cirques en France – Robert Barrier. 
  • Programmes The Great Royal Circus – 1947.
  • Débuts à Saint-Lô
  • Il était une fois les Zavatta – Catherine Zavatta & René-Charles Plancke.
  • Achille Zavatta par Lydia Zavatta.
  • Viva Zavatta – Achille Zavatta – propos recueillis par Jacques Labib.
  • Les véhicules de Cirque de chez nous–  Jean-Yves Drouard.
  • Achille Zavatta et ses cirques – Auguste Verdine – Charge Utile.
  • Bostock ou Bostok ?
  • Dompteurs et Dompteuses de la Belle Époque – Charles Degeldère.
  • Dossiers chronologiques de l’Auteur.
  • Cirques en bois, Cirques en pierre de France – Charles Degeldère et Dominique Denis.
  • Direction Figuier, Moore et Zavatta
  • Programme Bostok – 1947.
  • Sous la tente du Cirque Bostok – Serge – 1947.
  • De Mohamed Hassan à Bocky, Randel et Cie – Jacques Garnier – Le Cirque dans l’Univers – n° 112.
  • Alex et Zavatta
  • Au cœur des cirques – Robert Vasseur.
  • Pleins feux sur Robert Vasseur – Adrian – Scènes et Pistes – n° 284.
  • Annonces de presse – mars 1947.