Quel artiste ! Hommage à Emilien Bouglione, qui toute sa vie,  a brillé sur les pistes du monde entier, et au Cirque d’Hiver Bouglione.

par Dominique Denis

Sur le Voyage

affiche Bouglione
Bouglione affiche

Né sur le Voyage, Emilien, Buffalo Bill Bouglione fait son entrée dans le monde à Coulommiers, le 20 juillet 1934.

Son père est Joseph II et sa mère Rosa (née Rosalie van Been). Il est alors le quatrième enfant, venant après Odette I, Firmin II, Josette. Après lui, viendront Sandrine II, Sampion III et Joseph III.

Depuis une dizaine d’années, son grand-père Joseph, dit Sampion Ier, assisté de ses 4 fils, Alfred dit Alexandre, Joseph II, Nicolas dit Sampion II et Firmin, avait réussi à imposer le nom de Bouglione sur les routes de Belgique et de France. Dompteur réputé, il s’était imposé dans les foires avec sa Fosse aux lions. Il entreprit l’aventure du Cirque en 1924, avec Pierre Périé, un grand du Voyage, qui s’était illustré en tant que clown avec Palisse, puis, était devenu directeur avec, successivement Diter, Frediani, les frères Roche ou Ringler.

La route du succès

Deux ans plus tard, Sampion Ier, avec ses fils, avait lancé le Stade du capitaine Buffalo Bill. Puis, il avait continué de tourner sous des enseignes diverses comme Cirque International, Hambourg Circus, William Pinder, Grand Cirque Franco-Belge. À partir de 1933, ce fut le Cirque-Ménagerie des 4 Frères Bouglione. Le nom de Bouglione était enfin lancé !

De succès en succès, en octobre 1934, Sampion Ier et ses 4 fils prenaient la suite de Gaston Desprez à la direction du Cirque d’Hiver de Paris.

Le jeune écuyer

Emilien la Poste - photo A. A.
Emilien dans la Poste – photo A. A.

Dès l’âge de 6 ans, Emilien Bouglione apprend les rudiments du métier, de l’acrobatie à la voltige à cheval. Il fait ses débuts en compagnie d’Achille Zavatta.

Il assiste aux grands moments de la vie du Cirque, notamment lorsque le chapiteau s’installe sous la Tour Eiffel pour une série de galas en juillet 1948.

En juillet 1954, au cours de son numéro de voltige équestre, Emilien, annoncé comme « le plus jeune écuyer du monde » est violemment projeté au sol. Il est alors transporté à l’hôpital.

La Poste

Le jeune Emilien présente, avec fougue, dès 1954, le numéro de la Poste. La création de cette attraction, prisée des connaisseurs, est attribuée à Andrew Ducrow (1793-1842), sous le nom du Courrier de Saint Petersbourg.  Par la suite, la Poste sera qualifiée de hongroise, impériale, royale, ou appelée Courrier de la poste, Postillon ou Relais de Longjumeau. Lors de cet exercice équestre acrobatique, l’écuyer se tient debout sur deux chevaux. Il laisse passer entre ses jambes d’autres chevaux qu’il mènera ensuite comme un attelage.

Artiste remarquable

l'opérette David Crockett au Cirque d'Hiver
Affiche de l’opérette David Crockett au Cirque d’Hiver

Deux ans plus tard, Emilien participe au tournage du film Trapèze de Carol Reed au Cirque d’Hiver. On peut le voir encore, à cheval, dans la scène du défilé final.

Avec ses frères, il participe activement, en 1959, à l’opérette David Crockett et Jimmy Boy, notamment dans l’attaque de la diligence et les nombreux combats.

Envoûté par la magie du Cirque, Emilien s’intéresse aux animaux et n’hésite pas à se mesurer avec toutes sortes de reptiles. Comme son oncle Sampion II, il se spécialise, ensuite, dans la présentation des chevaux. Il présente dès 1960, des chevaux norvégiens.Artiste remarquable, pour saluer à la fin de son numéro, il tourne une rondade, un flip-flap et un saut périlleux arrière. Bravo l’Artiste !

Emilien Bouglione

Emilien et Christine Bouglione - portrait - photo A. A.
Emilien et Christine Bouglione – photo A. A.

Ajoutant une corde à son arc, Emilien présente les chiens jockeys en 1962, puis l’année suivante se présente avec la cavalerie maison. Travailleur infatigable, il se transforme en clown pour les Tipperary.

Après 1963, il dirige, avec ses frères, le Cirque de Montmartre (ex-Medrano) puis, le chapiteau itinérant Bouglione.

Quel parcours !

L’auteur de ces lignes, ainsi que toute l’équipe de Circus-Parade présentent toutes leurs condoléances à sa veuve Christiane et à ses enfants Odette, Regina, Joseph et Louis Sampion, ainsi qu’à ses petits-enfants et toute la famille Bouglione..

Dominique Denis

Sources

Sur le Voyage

Arbre généalogique de la famille Bouglione par Alain Nénert.

Extrait de l’acte de naissance d’Emilien Bouglione.

Un mariage dans la cage aux lions – Rosa Bouglione.

Livre : Emilien Bouglione, Prince du Cirque – Pascaline Kromicheff.

L’âme du Cirque – Henry Thétard – Voici – n° 202 – 2/02/1935.

Coulisses et secrets du cirque – Henry Thétard.

Dompteurs et dompteuses de la belle époque – Charles Degeldère.

Les ménageries foraines – Alain Gibelin.

Histoire illustrée des cirques à Bruxelles – Jean Léo.

suite sources

La route du succès

Carnet des demoiselles Vesque – 1926 – pages 101 à 105.

Sur les chemins des grands cirques voyageurs – Adrian.

La vie du cirque – Alex Coutet.

Programmes Bouglione depuis 1926.

La Merveilleuse Histoire du Cirque – Henry Thétard.

Le cirque est mon royaume – Firmin Bouglione.

Bouglione – une dynastie de cirque – Henk van den Berg.

Histoire illustrée des cirques parisiens – Adrian.

Cirque en bois, cirque en pierre de France – Charles Degldère et Dominique Denis.

suite 2

Le jeune écuyer

Achille Zavatta – star du cirque – Dominique Denis.

Le cirque est mon royaume – Firmin Bouglione.

Sous la Tour Eiffel – André Tabet – l’Ordre de  Paris – 9/07/1948.

Au cirque Bouglione – 9/07/1954.

La Poste

Cirque d’Hiver – Gustave Soury – Le Cirque dans l’Univers – n° 29.

Artiste remarquable

Les cirques parisiens – Gustave Soury – Le Cirque dans l’Univers – n° 39.

Emilien Bouglione

Gustave Soury – Au cirque d’hiver – Le Cirque dans l’Univers – n° 44.

À lire

Emilien Bouglione, Prince du Cirque – Pascaline Kromicheff – Voix au Chapitre – 2019.

Le cirque est mon royaume – Firmin Bouglione – Les presses de la cité – 1962

Le Cirque d’Hiver – Sampion Bouglione & Marjorie Aiolfi – Flammarion – Paris – 2002.

Un mariage dans la cage aux lions – Rosa Bouglione – Michel Lafon – Neuilly-sur-Seine – 2011