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Bostock à l’Hippodrome de la Place Clichy avec un spectacle sensationnel, riche en numéros d’animaux animés par des dresseurs de renom.
Bostock

La cage centrale de Bostock

Bostock - les fauves

Les fauves de Bostock

Venant d’Angleterre, The Bostock’s Great Animal Arena appelé également The Great Bostock Jungle, était dirigé depuis 1881 par Frank Charles Bostock (1866-1912) le fils de James William Bostock et d’Emma Wombwell, les patrons de la Ménagerie Bostock & Wombwell. Emma était la nièce de George Wombwell qui fonda sa ménagerie ambulante en 1805 et qui devint rapidement le rival de la non moins célèbre ménagerie Atkins.

Afin d’éviter toute confusion, il faut préciser que, Frank C. Bostock, surnommé Le roi des animaux avait un frère Edward Henry (1856-1940) qui dirigeait à la même époque une fastueuse ménagerie réputée en Grande Bretagne et en Amérique du Nord. Franck Charles, qui s’était marié avec Suzannah Bailey, prit la tête de la Bostock, Wombwell and Bailey Star Menagerie qui tournait au Royaume Uni. En 1893, il s’associa avec les frères Ferari et transporta son entreprise en Amérique, assisté de dompteurs de renom comme Eduard Deyerling et Jack Bonavita.

Bostock à Paris

Bostock à l’hippodrome de la place Clichy

À l’issue d’une tournée en France, en 1902, sous l’enseigne Bostock, Wombwell& Bailey, The Bostock’s Great Animal Arena de Frank Charles Bostock s’installa en 1903, à l’Hippodrome de la Place Clichy, ce somptueux établissement inauguré en mai 1900 qui pouvait accueillir 5.000 spectateurs. La première eut lieu le 12 novembre 1903, avec un spectacle sensationnel, riche en numéros d’animaux animés par des dresseurs de renom comme Herman Weedon, Louise Morelli, Jack Bonavita, Charles Miller ou Pernelet. Le succès fut immédiat, d’autant qu’il était rare d’apprécier des animaux exotiques ailleurs que dans les grandes ménageries foraines. Avant d’entrer dans la salle, les spectateurs passaient par le promenoir zoologique et pouvaient admirer les animaux à l’intérieur de cages décorées. On pouvait également visiter cette ménagerie en dehors des heures de représentation.

Bostock : l'Hippodrome

Bostock : L’intérieur de l’Hippodrome

La première saison on put applaudir Miss Morelli et ses jaguars, Jack Bonavita et son groupe de 27 lions, Mademoiselle Aurora et ses ours polaires, Charles Miller avec ses tigres du Bengale, et Herman Weedon face à un groupe mixte d’une vingtaine de fauves. D’autres artistes de renom composaient ce programme comme Blanche Allarty avec un groupe de chameaux et les crocodiles de Pernelet. La ménagerie Bostock se produisit pendant l’été à Coney Island, au grand parc d’attractions Dreamland de New York.

The Bostock’s Great Animal Arena retourna à Paris, la saison suivante, à partir du 15 octobre 1904, avec à l’affiche, Miss Morelli, Hermann Weedon et Miss Grace Salicia qui dansait au milieu des lions.

Après avoir passé la saison d’été à Blackpool, Bostock revint à l’Hippodrome de la Place Clichy, à Paris, et s’intitula « Circus – Music-hall – Fauves – Variétés – Attractions » à l’occasion de la réouverture du 2 septembre 1905. Le 27 octobre, lors d’un gala au bénéfice du dompteur Jack Bonavita, le patron Frank C. Bostock présenta lui-même une entrée de cage. Hélas, il se fit accrocher par le lion Wallace, mais fut sauvé à temps par les garçons de piste. Pour sa dernière saison 1906-1907, Franck C. Bostock s’associa à Hippolyte Houcke qui avait dirigé précédemment l’Hippodrome de l’Alma et le Nouveau Cirque. Ils produisirent une pantomime intitulée India, et engagèrent Loïe Fuller, la créatrice de la danse serpentine. Malgré la qualité des spectacles, le 10 mars, l’Hippodrome de la place Clichy ferma ses portes, et pour éponger le déficit, une partie des animaux et du matériel fut vendue aux enchères à Neuilly sur Seine.

Bostock - carte postale

Bostock – les ours blancs

Franck Bostock installa sa ménagerie ensuite à Portobello en 1909, puis au City Hall de Manchester. Il revint encore à Paris, en mai 1910, au Jardin d’Acclimatation, en présentant L’école de dressage de fauves animée par madame Dorcy et les époux Gaillard. D’autres belluaires étaient en représentation dans ces arènes comme mesdemoiselles Alice, Louise, Juanita et la belle Fatma, les capitaines Rowley et Peter Taylor, l’illustre Falkendorf, et messieurs Fred, Poluski, Scholz, et Martinique.

Bostock - la balançoire

carte postale de Bostock – la balançoire

The Great Bostock Jungle fut également apprécié des Bruxellois en août de cette même année, avec les dompteurs Joyat et Tallon.

Franck Charles Bostock fut victime d’une grave grippe, et mourut à Londres, le 8 octobre 1912. Il avait 44 ans. Il laissa un fils, Francis Edward. Le nom de Bostock continua de rayonner par Edward Henry et par ses belluaires qui se produisirent dans une centaine de cirques en Europe, Amérique, Australie et Afrique du Sud.

Charles Degeldère

Extrait de Dompteurs et Dompteuses de la Belle Époque – Charles Degeldère – Arts des 2 Mondes – 2005.(Epuisé).

Sources
  • Le dressage des fauves par Franck C. Bostock – Ellen Velvin – Hachette.
  • Les dompteurs – Henry Thétard Gallimard.
  • La Merveilleuse Histoire du Cirque – Henry Thétard – Prisma – Paris – 1947.
  • Die Hohe Schule der Raubtierdressur – Hans-Jürgen und Rosemarie Tiede.
  • Cirques en bois, Cirques en pierre de France – Charles Degeldère et Dominique Denis – Volume II – Arts des 2 Mondes.
  • Programmes des Cirques en France de 1860 à 1910 – Alain Simonet – Arts des 2 Mondes.
  • La reine des jaguars – Renée Allard.
  • Les ours au cirque – Christian Hamel – L’Aventure Carto.
  • Dictionnaire illustré des mots et locutions du Cirque – Dominique Denis – Arts des 2 Mondes.
  • Histoire Illustrée des Cirques Parisiens – Adrian.
  • Le Cirque – Nicole Wild & Tristan Rémy – Paris – 1969.
  • Le Vème hippodrome de Paris – Tristan Rémy – Le Cirque dans l’Univers – n° 88.
  • Artisten Lexikon – Das Organ.
  • Dompteurs de tigres – Henry Thétard – Le Cirque dans l’Univers – n° 8.
  • Mes débuts comme directeur de cirque – Alfred Court – Le Cirque dans l’Univers – n° 22.
  • Chimpanzés célèbres – Jacques Garnier – Le Cirque dans l’Univers – n° 67.
  • La vente aux enchères de la ménagerie Bostock – Le Cirque dans l’Univers – n° 126.
  • Monsieur Loyal – Lorenzo Frediani.

À lire :

  • Cirques en bois, cirques en pierre de France – Charles Degeldère et Dominique Denis – Arts des 2 Mondes – 2002 – 2003. (En cours de réédition).
  • Dompteurs et Dompteuses de la Belle Époque – Charles Degeldère – Arts des 2 Mondes – 2005. (Epuisé).
  • Le dressage des fauves par Franck C. Bostock – Ellen Velvin – Hachette.
  • Les dompteurs – Henry Thétard Gallimard.