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Par Belmonte Bates

Le fakir Blacaman hypnotiseur de fauves et de reptiles fut une vedette du genre tant en Europe que dans les deux Amériques, durant la première partie du XXème siècle.

Plus vrai que nature

Great Indian Fakir - affiche
Great Indian Fakir

Tant en Europe que dans les deux Amériques, le fakir Blacaman a su donner ses lettres de noblesse à l’art du fakirisme. 

Vêtu d’un pagne, le corps passé au brou de noix, la coiffure ébouriffée, il s’était composé un personnage de fakir qui semblait plus vrai que nature. A son répertoire il avait reprit les exercices traditionnels du genre : briser des tessons de bouteille avec son dos, se transpercer le corps avec des aiguilles, monter pieds nus sur une échelle de sabres, s’allonger sur une planche à clous, ou de se faire enterrer vivant.

De plus, il avait ajouté à ses prestations la participation de lions de serpents et d’alligators. 

Sa mise en scène était élaborée avec soin avec la participation d’assistants. Mieux qu’un simple numéro de Cirque ou de Music-Hall, il s’agissait d’un véritable spectacle.

Dans le monde entier

Blacaman - Busch
Blacaman au Circus Busch

Authentique artiste, il ne lésinait pas sur la publicité. Il ne s’annonçait pas comme un simple fakir ou dompteur, mais comme un fascinateur de fauves.

Pour peaufiner son personnage, il se disait indien originaire de Calcutta. En fait, Pietro Aversa, dit Blacaman était Italien, né le 23 février 1902 à Castrovillari.

Sa carrière fut réellement internationale. D’abord en Europe dans les plus grands établissements comme en 1928 au Cirque Busch à Berlin, et à l’Olympia de Paris. Le public de Buenos-Aires l’acclama l’année suivante, puis il partit en Australie. D’engagements en engagements, il se produisit, en non-stop, de Montevideo à Stockolm. 

De passage aux Nouveautés de Toulouse, en mars 1934, l’affiche annonçait : Blacaman – 32 lions, 45 crocodiles – 50 serpents.

Blacaman au cinéma

Artiste international, il retourna en Australie puis fut en engagé aux États-Unis au Cirque Hagenbeck-Wallace en 1938.

Les lions de Blacaman - affiche
Les lions de Blacaman

Toujours à la recherche de talents exceptionnels, le réalisateur George Larshall lui demanda sa participation pour le film You Can’t Cheat an Honest Man avec, en vedettes W.C. Field et Edgar Bergen accompagné de sa poupée Charlie McCarthy. Ce long métrage (le cirque en folie pour la version française) parut sur les écrans en 1939.

Il suscita bien de vocations, notamment la belle Koringa qui fut son assistante ou le jeune Franz Czeisler qui deviendra le fameux Tihany et son plus grand music-hall du monde.

Fascinateur de public

la rigidité du corps
Exercice de la rigidité du corps

Personnage aussi étrange qu’envoûtant, Blacaman a inspiré plusieurs écrivains de langue hispanique comme le colombien Gabriel García Márquez, surnommé Gabo (prix Nobel de littérature en 1982)Un de ses contes s’intitule Blacaman el bueno, vendedor de milagros. Citons également le vénézuélien Oscar Yanes dans son livre Memorias de Armandito.

Dans les livres de Paul Heuzé, comme dans Fakirs, fumistes et cie, il est souvent question de Blacaman. 

Malgré une carrière riche en évènements, Blacaman mourut relativement jeune, à l’âge de 47 ans, en 1949. Le public vénézuélien se souvient encore d’une de ses dernières tournées en 1942. 

Hypnotiseur de fauves et de reptiles, Blacaman fascinait surtout son public. Pietro Aversa, dit Blacaman reste une gloire du Cirque et du Music-Hall.

Belmonte Bates

Sources

  • Plus vrai que nature
  • Dictionnaire du Cirque – Dominique Denis.
  • Illustrations – Le Nouvelliste des Concerts .
  • Affiches de Blacaman.
  • Il fachiro e illusionista calabrese de Castrovillari – Rocco Greco.
  • Raffaele de Ritis – notes
  • Dans le monde entier
  • Una mirada. 
  • Cirque Busch – affiche – programme 1928.
  • Variétés – avril – juin 1928.
  • Evening Star – 5/9/1929.
  • American Time Magazine – 23/09/1929.
  • World News – Sydney – 6/11/1929.
  • Western Mail – 7/11/1929.
  • Couverture Le Nouvelliste des Concerts – 1932.
  • Les Nouveautés – annonce – Express – Toulouse – mars 1934.
  • Blacaman au cinéma
  • The Examiner – Lauceston – 17/08/1937.
  • Hagenbeck-Wallace – Affiches et annonces de presse 1938.
  • You Can’t Cheat an Honest Man –AlloCiné.
  • Fascinateur de public
  • Blacaman and Gabriel Garcia Marquez – Jim Lindermann.
  • Blacaman el bueno, vendedor de milagros – Gabriel García Márques.
  • Memorias deAarmandito – Oscar Yanes.
  • Fakirs, fumistes et cie –  Paul Heuzé.
  • Les magiciens au Cirque – Dominique Mauclair – Le Cirque dans l’Univers – n° 227.
  • Italian Circus – Variétés – septembre 1942.
  • Un fakir en Caracas – Diaro la Leona.