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par Lia Rosamunde

 

La gymnaste Leona Dare, immortalisée par Jules Chéret, fut une des gloires du cirque, du music-hall et de manifestations aériennes, de la fin du XIXème siècle.

Leona Dare

Dare Leona - portrait A. A.

Dare Leona – photo A. A.

Des informations contradictoires circulent à propos de la naissance de Leona Adelaide Stuart, dite Leona Dare. Selon le New York Clipper, elle était la fille d’Annie Meiza.

Il Signor Saltarino dans Artisten Lexikon la fait naître le 9 mai 1858 à Charleston, en Caroline du sud…

Dans Leona Dare, à mega muse, Jessica Kerwin Jenkins situe sa venue au monde en 1855. Le site généalogique des Mormons, confirme cette année de naissance, cependant sans plus de détails.

Exercices de mâchoire

Quoi qu’il en soit, Leona Dare débuta avec son frère Stuart qui excellait aux barres fixes et dont la particularité était d’être unijambiste. 

Leona apprit les bases du trapèze, puis se spécialisa dans les exercices de mâchoire. Selon la définition du Dictionnaire des mots et locutions du Cirque de Dominique Denis, il s’agit d’une languette en cuir que l’on serre entre les dents et qui sert à se suspendre à un agrès. Cette mâchoire doit parfaitement s’adapter au palais de son utilisateur. Pour des exercices de suspensions, elle terminée par un émerillon afin de pouvoir l’accrocher à soit un agrès, soit à la ceinture d’un voltigeur. Pour les tourbillons, l’émerillon est monté sur roulement à billes.

Contrats européens

Leona Dare en ballon - affiche

Leona Dare en ballon par Chéret

Âgée de seize ans, elle se maria avec le minstrel Thomas Hall en 1871. Annoncée comme La fierté d’Amérique ou encore La reine des Antilles, elle se produisit à l’Amphithéâtre de Nixon à New York puis au Joel E. Warner Circus.

Avec un sens aigu de la publicité, en août 1872, à Indianapolis, elle osa se suspendre à la nacelle d’une montgolfière par la mâchoire. Par cet exploit, elle était devenue une gloire du Nouveau monde.

Nous la retrouvons ensuite à Paris, aux Folies Bergère, en 1876. Jules Chéret signa une magnifique affiche la représentant à la corde lisse, et en suspension par les pieds à un trapèze tenant par la mâchoire son partenaire à la ceinture.

Le Royal Aquarium, ce music-hall londonien, l’engagea deux fois, en 1878 et 1879. Toujours à Londres, en mars 1879, elle fit les beaux soirs de l’Oxford, puis se rendit à Berlin au Cirque Renz

Un scandale

Crystall Palace : Spelterini et Leona Dare

Spelterini et Leona Dare

Un de ses admirateurs, Ernest Theodore Grunebaum lui demanda sa main. Les noces eurent lieu en juin 1880. La famille du jeune homme découvrit qu’elle était encore mariée avec Thomas Hall.  Ce fut un scandale, mais la belle Leona réussit à obtenir le divorce d’avec son premier mari, et un deuxième mariage fut célébré en novembre, cette fois dans l’Illinois. La morale était sauve.

Les tournées reprirent. Paris l’accueillit à nouveau à l’Hippodrome à partir d’avril 1882.

En octobre 1884, elle se produisait au Teatro de la Princesa en Espagne, lorsque son partenaire fut victime d’une chute. 

Une autre affiche de Jules Chéret représente Leona Dare à Paris sous la nacelle d’un ballon, suspendue par la mâchoire à un trapèze.

Ses engagements l’emmenèrent en Hongrie en décembre 1886.

Spectaculaires ascensions de Leona Dare

De retour à Londres en 1888, au Crystal Palace, elle s’associa avec l’aéronaute suisse Edward Schweizer, dit Eduardo Spelterini. Accrochée par la mâchoire du ballon, elle effectua plusieurs spectaculaires ascensions. La même année, elle réitéra ses exploits à Paris.

Les Folies Bergère la redemandèrent en février 1889, où délaissant ses agrès, elle présenta uniquement des poses plastiques.  

Cependant, elle reprit ses ascensions en ballon puis retourna en Amérique à Oakwood, Staten Island, et décéda le 25 mai 1922 à Spokane, dans l’état de  Washington. 

Par son courage et son audace, Leona Dare s’imposa dans le monde du cirque, du music-hall et des manifestations aériennes tant en Amérique qu’en Europe. Les sublimes affiches de Jules Chéret attestent son succès et sa popularité.

 

Leona Dare aux Folies Bergère par ChéretLia Rosamunde

 

Sources

Leona Dare

  • Artisten Lexikon – Signor Saltarino.
  • Leona Dare, à mega muse – Jessica Kerwin Jenkins.
  • site généalogique des Mormons.
  • people.com.
  • racingneliliebly.com.
  • New York Clipper – 31/05/1922.
  • Exercices de mâchoire
  • Ils donnent des ailes au Cirque – Adrian.
  • Dictionnaire des mots et locutions du Cirque – Dominique Denis.
  • Contrats européens
  • Olympians of the Sawdust Circle – William L. Slout.
  • La belle époque de Jules Chéret – Réjane Bargiel et Ségolène Le Men.
  • Folies Bergère – Marthe Vesque – Le Cirque dans l’Univers – n°  26.
  • Les Folies Bergère – Jacques Pessis et Jacques Crépineau.
  • The Royal Aquarium and Imperial Theatre, Westminster, London – Arthur Lloyd.
  • Zirkus Renz, direction Ernst Renz – Dominique Denis – circus-parade.com.
  • Un scandale
  • New York Clipper – 31/05/1922.
  • New Britain Herald – 09/06/1922.
  • Programme et affiche Hippodrome de l’Alma – avril 1882.
  • Le Gaulois – 18/09/1882.
  • Teatro de la Princesa – affiche – 24 octobre 1884.
  • Affiche hongroise – décembre 1886.
  • Spectaculaires ascensions de Leona Dare
  • Crystall Palace – affiche avec Eduardo Spelterini.
  • Circus Bodies : cultural identity in aerial performance – Peta Tait.
  • La Lanterne – 3/02/1889.
  • Obituary – New York Times – 25/05/1922.