Sélectionner une page

Le nom de May Wirth (1894-1978) peut être écrit en lettres d’or au palmarès des artistes de Cirque et plus particulièrement de la voltige équestre.

Maman Marizles

M. Wirth star
M. Wirth star du Cirque

Wirth, un nom prestigieux du Cirque australien. A l’origine, cette famille était composée des quatre musiciens ambulants Johannes, Philip, Peter, Jacob et Caspar qui avaient débarqué aux antipodes en 1855.

Leur descendante Marizles Wirth s’était marié avec John Augustin Martin et avait eut une fille Stella.

En 1901, Marizles adopta une petite fille Emmeline, qui était née le 6 juin 1894 à Bundaberg, dans le Queenland. La fillette fut prénommée May.

L’apprentissage

La petite May se révéla particulièrement douée pour l’acrobatie. Particulièrement souple, elle excellait autant dans les sauts que les équilibres.  Ensuite, elle exécuta les mêmes exercices sur un cheval. Sous l’égide de John Cook, elle apprit à tourner le saut périlleux.

À peine âgée de dix ans, May était devenue une artiste accomplie, et entra dans le numéro de voltige à cheval familial avec sa mère Marizles et sa sœur Stella

Partout de Melbourne à Sydney, elle recueille de chaleureux applaudissements. On la surnommait May Ringling, en référence au fameux cirque américain.

La plus grande cavalière du monde

Wirth - par les es demoiselles Vesque
Wirth – Illustration des demoiselles Vesque

Sa famille fut engagée en Amérique au Barnum & Bailey Circus dirigé alors par John Ringling.

La première eut lieu le 21 mars 1912 au Madison Square Garden à New York. Le programme annonçait la plus grande cavalière du monde sur la piste centrale.

Non seulement May Wirth était belle et élégante, elle présentait des exercices d’une rare audace qui faisait partie du répertoire masculin.

Jolie jeune fille, au doux visage, petite par la taille, elle était dotée d’une vitalité extraordinaire. Sa silhouette était reconnaissable de loin avec son nœud dans les cheveux et sa tunique frangée d’or.

Une suite d’exploits

De l’avis des professionnels, May possédait une détente remarquable qui la classait d’entrée parmi les plus grands.

Sans l’aide d’un coussin – ce petit tremplin utilisé par les jockeys – elle sautait directement sur son cheval pour arriver soit à califourchon ou debout. Parfois, pour corser l’effet, elle fixait des petits paniers à ses pieds ;

Parmi ses exploits à cheval on peut citer :

  • Equilibre de mains
  • En partant à rebours, saut périlleux arrière, et retour avec une demi-pirouette.
  • Série de trois sauts périlleux arrière, suivi d’un en avant.
  • Saut périlleux de cheval à cheval
  • Flip-flap, exercice considéré comme plus difficile.

Un statut de star

Affiche au Bertram Mills Circus - M. Wirth
Au Bertram Mills Circus

la troupe Wirth fut conviée, pour la saison des fêtes, à l’Olympia de Londres pour le magnifique spectacle du Wonder Zoo and Circus Hagenbeck. Cet engagement fut suivi par une tournée dans le circuit de l’Alhambra, avec un passage à Paris en avril 1914.

Retour en Australie au Wirth Bros Circus en 1915/1916.

Les frères Ringling la redemandèrent pour la nouvelle tournée 1917, avec les débuts au Coliseum de Chicago 7 au 29 avril. L’écuyer Philip Vincent Jones, dit St Leon s’intégra à la troupe Wirth, et devint plus tard, un membre à part entière de la famille en épousant Stella.

Sous la direction des Ringling, May Wirth bénéficia de traitements de faveur réservés aux stars. Ainsi, des loges spéciales lui étaient réservées, et elle voyageait, avec sa famille, dans un luxueux wagon Pullmann.

Dans les plus grands cirques du monde

Lorsque Ringling Bros et Barnum & Bailey fusionnèrent en 1919, May était toujours en tête d’affiche.

Son impresario Frank White la demanda en mariage et les noces eurent lieu le 27 novembre 1919. Ce dernier prit le nom de son épouse, et son agence s’appela Wirth and Hamid, située 46th street à New York. Avec son associé Hamid, il édita un splendide album d’artistes de Cirque.

La saison chez Ringling de 1920 terminée, la  troupe Wirth voyagea avec Walter L. Main en 1921 et 1923, plus un passage au Coliseum de Londres et au vaudeville Columbia Wheel à New York.

La ronde des engagements continua avec les Ringling de 1924 à 1927, ainsi qu’en Europe, au Cirque Bertram Mills à Londres l’hiver 1925/1926 puis au Wintergarten de Berlin… à nouveau le Madison Square Garden de New York en avril 1926 et la tournée Ringling Bros and Barnum & Bailey.

Au soleil de Floride

Souvenir de Ringling - Wirth
Souvenir de Ringling

Certes la vie d’artiste pas de tout repos, et celle d’acrobate équestre encore moins. May fut victime plusieurs fois de chutes et, à chaque fois, remontait à cheval. La durée d’activité d’un acrobate n’étant pas infini, May commença à songer à une reconversion.

Cependant, la troupe continua de produire dans les cirques, foires, vaudevilles et music-halls, avec notamment un passage à l’Empire de Paris du 3 au 16 mars 1929. Deux ans plus tard, son beau-frère Philip et son mari Frank montaient un St Leon Bros Circus.

Aguerrie à toutes formes de présentation, May et sa famille participèrent à l’opérette The blue mask en 1932 à Chicago.

Avec sagesse, May Wirth descendit de son cheval et à partir de 1937 collabora activement à l’agence de son mari. Tous deux s’établirent en 1956 à Fort Lauderlale en Floride. Entre-temps, en 1958, elle avait perdu sa mère qui l’avait élevée, Marizles.

May Wirth star internationale

L’institut américain The Circus Hall of Fame, à Peru dans l’Indiana, qui célèbre les gloires du Cirque, lui rendit un hommage officiel en 1964.

Âgée de 84 ans, May Wirth décéda le 18 octobre 1978 à Sarasota en Floride. Le Cirque venait de perdre une authentique star. Les superlatifs ne son pas exagérés pour qualifier le travail de cet artiste exceptionnel qui réussit à égaler les performances des meilleurs voltigeurs équestres masculins.

Les postes australienne éditèrent en 1995 un timbre à son effigie intitulé Queen of the Arena – May Wirth. Stephanie Owen Reeder écrivit un livre : Marvelous Miss May: Queen of the Circus qui fut édité par la National Library of Australia en 1998.

Dominique Denis

Sources

  • Maman Marizles
  • Histoire du Cirque – Serge.
  • La Merveilleuse Histoire du Cirque – Henry Thétard.
  • Le Cirque et ses Étoiles – Tristan Rémy.
  • Le Grand Livre du Cirque – Monica Renevey.
  • Circus in Australia –  Mark St Leon.
  • The Australian Circus – M.  St Leon.
  • The White Top – mars 1979.
  • L’apprentissage
  • Sidney Morning Herald – 3/04/1911
  • The Jandachewsky story – Kimberley Webber.
  • Storia del circo – Alessandro Cervelatti.
  • La plus grande cavalière du monde
  • Programme et affiches Barnum & Bailey Circus – 1912.
  • American Circus posters – Charles Philip Fox.
  • New York Clipper – 30/03/1912.
  • Une suite d’exploits
  • Une écuyère acrobatique hors série May Wirth – Robert Mulle – Le Cirque dans l’Univers – n° 70.
  • Le cirque commence à cheval – Adrian.
  • Dictionnaire du Cirque – Dominique Denis.
  • Un statut de star
  • Wonder Zoo and Circus Hagenbeck – programme.
  • Hagenbeck la célèbre firme d’Hambourg – Dominique Denis – circus-parade.com
  • Bertram Mills – David Jamieson.
  • The Posters of Bertram Mills Circus – Steven B. Richley
  • Courrier Marinelli  – 7 avril 1914
  • Dans les plus grands cirques du monde
  • Pictorial History of the American Circus – John and Alice Durant.
  • The golden age of Circus – Howard Loxton.
  • Two hundren dyear of the American Circus – Tom Odgen
  • The Big Top – Fred Bradna & Hartzell Spence.
  • The Clipper – 17/05/1922.
  • Au soleil de Floride
  • Learned pig & fireproof women – Ricky Jay.
  • En piste !  Le cirque en images de soeurs Vesque – Bernadette Boustany.
  • Empire – Jacques Salles.
  • May wirth – M.  St Leon – circopedia
  • Chicago Daily Tribune – 29/03/1932
  • May Wirth star internationale
  • Women of the American Circus – Katherine H. Adams & Michael L. Keene.
  • Article nécrologique – Le Cirque dans l’Univers – n° 111.
  • The Circus Hall of Fame.
  • Série de timbres des postes australiennes.
  • Queen of the Circus – Stephanie Owen Reeder.

 

A lire :

Marvelous Miss May : Queen of the Circus – Stephanie Owen Reeder – National Library of Australia – 1998.