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Louis Dejean dirigea le Cirque Olympique – troisième du nom – à Paris, de 1836 à 1844.

L’Olympique de Louis Dejean

Olympique de Louis Dejean- Paris
L’Olympique de Louis Dejean à Paris

Sous la direction effective de Louis Dejean, le Cirque Olympique – troisième du nom – reprit ses représentations le 22 décembre 1836. 

Adolphe Franconi assumait la fonction de directeur du manège, et Ferdinand Laloue, celui de la mise en scène. 

L’année 1837 débuta avec un mélodrame intitulé Pierre Fournier. Le 29 janvier, ce fut Austerlitz, une reconstitution historique d’Anicet Bourgeois. Une nouvelle pièce Les massacres de Saint-Domingue fut donnée à partir du 15 avril. 

La famille Franconi assista à un heureux événement, la naissance le 17 mai de Léon François, le troisième fils d’Henri Franconi et de Louise Fretini.

La troupe du Cirque Olympique de Louis Dejean se rendit au Cirque des Champs-Elysées à la fin du mois de mai. Elle était composée de l’écuyer Wollschläger, du clown Auriol, Bassin père, mademoiselle Kenebel,  Chanslée et des frères Lalanne… 

Vaudevilles

Personnage chinois - Olympique
Personnage de Dgenguiz-Khan

La reprise du Cirque Olympique se fit le 30 septembre 1837 avec la pièce. Dgenguiz-Kan, suivi le 4 novembre par La prise de Constantine. On joua un vaudeville L’enfant perdu, le 16 décembre.

Bijou, une féérie, fut annoncée pour le 31 janvier 1838, et Le soldat de Brienne le 3 février. Toujours sur un registre gai, en avril, ce fut Lucette, puis Les pêcheurs du Tréport

Pendant ce temps, Laurent et Henri Franconi, en association avec François Baucher et Jules Pelier, ouvraient, au Pecq, un cirque appelé le Gymnasme Equestre. Les spectacles se déroulèrent du 13 mai au 8 juillet. Laurent Franconi partit ensuite à Bordeaux.

Après l’été aux Carré Marigny, avec les Cuzent-Lejars, le Cirque Olympique de Louis Dejean mit à l’affiche le 13 octobre Le géant, une pièce biblique, avec le phénomène belge Bihin. Une comédie, Le sac à charbon, fut jouée le 15 novembre, puis les singes de Schneider investirent la piste.

Les pilules du diable

Carter à l'Olympique
Carter

Les pièces se succédèrent comme La vivandière et Le bossu à partir du 24 janvier 1839, et L’artiste et l’ouvrier, quatre jours plus tard.

La féérie à grand spectacle Les pilules du diable, présentée pour la première fois le 16 février 1839, obtint un énorme succès. Ce spectacle loufoque étonnait grâce à ses effets spéciaux comme celui du train qui explosait.

A la suite de la saison d’été aux Champs-Elysées, l’Olympique de Louis Dejean ouvrit ses portes début octobre avec en vedette le dompteur Carter. Les écuyères, d’Antoinette Lejars à Camille Leroux, étaient toujours à l‘honneur. Le 21 octobre, on donna Le bambocheur, un joyeux vaudeville. 

Encore un événement de taille, le 27 novembre, avec Carter qui, à la manière d’Henri Martin, interpréta Le lion du désert. Il s’agissait d’une pièce, en trois actes et six tableaux, écrite par Ferdinand Laloue et Fabrice Labrousse.

Pièces militaires

En décembre 1839, le 14, ce fut Le marchand de bœuf, un vaudeville, et le 28, L’uniforme du grenadier, un tableau martial.

Les pièces militaires ayant la ferveur du public, l’Olympique de Louis Dejean afficha le 7 mars La ferme de Montmirail, épisodes 1812 à 1814. Puis le 14 avril, ce fut Mazagran, bulletin de l’armée d’Afrique. 

Alors que Louis Dejean obtenait l’autorisation de construire un cirque en pierre au Champs-Elysées, Victor Franconi et Sébastien Gillet, dit Bastien Franconi entreprenaient une tournée à Lyon, Nancy, puis outre-Rhin avec leur Cirque Royal de France

Fééries et vaudevilles furent présentées au Cirque Olympique comme Le mirliton enchanté le 26 septembre, Le cousin d’un grand homme, le 21 octobre, et Les invalides le 21 novembre.

Le dernier vœu de l’empereur

Louis Dejean en personne
Louis Dejean – directeur du Cirque Olympique

Tout en surveillant les travaux du futur cirque au Carré Marigny, Louis Dejean mettait à l’affiche de l’Olympique le 9 janvier 1841 Le dernier vœu de l’empereur. En février, il y eut La vivandière et le bossu. Puis, il y eut, le 19 avril, le drame-vaudeville Anita la bohémienne, et le 3 mai, le ballet-pantomime comique Monsieur Duguignon. En première partie, les frères Ravel firent leurs débuts.

Tandis que Victor Franconi parcourait la Belgique, la Hollande et enfin Berlin, le Tout-Paris assistait à l’ouverture du Cirque des Champs-Elysées, le 3 juin.

A la fin octobre, le Cirque Olympique de Louis Dejean annonça la pièce Murat, signée Laloue et Labrousse. L’année se termina avec un vaudeville Monsieur Morin.

Le chien Emile

Paul Cuzent - les jeux romains
Paul Cuzent vedette de l’Olympique

Début janvier 1842, reprise de Murat. Les fameux écuyers Paul Cuzent et Jean Lejars restaient toujours les vedettes équestres du spectacle. Un nouveau venu fit sensation : le clown Victor Chabre, dit l’Eclair, qui tournait avec aisance le double saut périlleux.

Un drame fut monté le 2 avril, Le chien des Pyrénées, dont le héro était Emile, un chien-loup croisé de griffon. 

Pendant ce temps, Victor Franconi emmenait sa troupe à Berlin, puis après Courtrai, Amiens, Valenciennes, Lyon, Metz, partait pour Barcelone. 

Henri Franconi, le 14 juillet, officialisa son union avec sa compagne Louise Fretini. Ils avaient eu trois garçons : Jean Baptiste Henri, Henri Virgile François et Léon François.

Pour la fin de l’année, Dejean propose à son public de l’Olympique, une pièce en trois actes Le prince Eugène.

Epopée navale 

Don Quichotte au Cirque Olympique
Don Quichotte au Cirque Olympique en 1843

Un drame-vaudeville fut donné le 23 avril 1843 : La croyance d’un soldat.

Comme à l’accoutumée, en été, les écuyers de la troupe investirent le Cirque des Champs-Elysées. Pendant ce temps, Sébastien Gillet, dit Bastien Franconi se produisit à Brugge, Chambéry et Barcelone… tandis que Victor Franconi arrivait à Trieste.

L’Olympique de Louis Dejean monta deux pièces en octobre : Don Quichotte, et Les racoleurs. On joua, en novembre, un vaudeville Les guides de Zurich. En décembre, il y eut une épopée navale Le Vengeur, commémorant le naufrage de ce bateau français coulé par la marine britannique.                 

Le ton devint plus léger, début février 1844, avec Les pages de l’Empereur, un aimable vaudeville.

Sous la direction de Jules Gallois 

Ballet des grosses têtes
Ballet des grosses têtes dans La corde du pendu

Pressentant une aubaine, Louis Dejean vendit la société des deux cirques à Jules François Fernand Gallois. La vente se fit le 14 juin 1844. Cependant, Dejean en restait actionnaire et faisait partie du comité de surveillance. Quant à Adolphe Franconi, il restait le maître de manège. 

Après la saison d’été au Champs-Elysées, le Cirque Olympique, sous la direction de Gallois proposa, à partir du 12 octobre, La corde du pendu. Il s’agissait d’une féérie à grand spectacle de Ferdinand Laloue et Anicet Bourgeois, en 3 actes et 2 tableaux.

Le dompteur Carter revint, le 31 décembre, interpréter Le lion du désert. 

D’autres pièces furent annoncées comme, en février 1845, Les comédiens en voyage, puis L’Empire. Pendant l’été, Jules Gallois dut subir la concurrence de Laurent Franconi, son fils Victor, et Ferdinand Laloue qui ouvrirent, le 3 juillet, l’Hippodrome de l’Etoile.

Les éléphants de la pagode

Virginie Kenebel - Cirque olympique
Virginie Kenebel

Au mois d’octobre 1845, Henri Franconi eut la douleur de perdre son fils Antoine François Henri, qui était militaire et qui mourut à Mostaganem en Algérie, le 25 octobre. 

Anicet Bourgeois et Vilain Saint-Hilaire écrivirent une pièce en 3 actes Les éléphants de la pagode qui débuta le 10 décembre au Cirque Olympique. L’année se termina avec une revue cavalière Paris à cheval

Place au drame fantastique, le 3 février 1846, avec Le cheval du diable. La grande famille du Cirque fut heureuse d’apprendre le mariage le 3 juin 46 du directeur Victor Franconi avec l’écuyère Marie Virginie Kenebel. Le 27 juillet, l’Hippodrome des Franconi brûlait. De son côté, Bastien Franconi donnait des représentations à Lyon, Nancy et Strasbourg. 

Lors de la reprise, le 17 octobre, le Cirque Olympique annonça un drame historique Henri IV en 3 actes et 16 tableaux. Cette pièce fut agrémentée des poses pastiques de la troupe Keller.  

L’Olympique ferme ses portes

troisième Cirque Olympique
Façade du troisième Cirque Olympique

Adolphe Franconi mit en scène La révolution française dont la première eut lieu le 21 janvier 1847. Signé Labrousse et Maillan, la pièce comprenait 4 actes et 16 tableaux. Malgré la qualité des artistes, Jules Gallois ne sut gérer correctement son entreprise, et dut abandonner la direction des deux cirques. Le conseil d’administration nomma Louis Dejean à sa place.

Les spectacles du Cirque Olympique ne faisant plus recette, Louis Dejean dut prendre les décisions qui s’imposaient… Ainsi, le Théâtre du Cirque Olympique ferma ses portes le 30 avril 1847. L’Opéra National donna des représentations à partir du 15 novembre.

Cette année là, Bastien Franconi se produisit à Strasbourg, et l’Hippodrome des Franconi était reconstruit. Autre événement familial : Jean Baptiste Henri Fretini (né le 23 novembre 1823), le fils d’Henri Franconi, se fit appeler officiellement Fretini Franconi.  Sous le nom d’Henri Franconi, il fera carrière en Amérique du nord.

L’après Olympique

Le Cirque Olympique fut vendu à Adolphe Adam et Adolphe Tranchant qui le transformèrent en Théâtre du Cirque National. Par la suite, il s’appellera le Nouvel Opéra, Troisième Théâtre lyrique, et Théâtre Impérial du Cirque…

Dominique Denis

Sources

  • Premiers cirques parisiens – Dominique Denis – circus-parade.com
  • Louis Dejean – Dominique Denis – circus-parade.com
  • Cirque des Champs Elysées – Dominique Denis – circus-parade.com
  • Histoire illustrée des cirques parisiens – Adrian.
  • Cirques en bois, Cirques en pierre de France – Charles Degeldère et Dominique Denis.
  • Le courier des Théâtres – 9/12/1836.
  • Le Cirque Olympique du Faubourg du Temple (1827-1836) – M. J. Vesque – Le Cirque dans l’Univers – n° 15.
  • Ferdinand Laloue – Tristan Rémy – Le Cirque dans l’Univers – n° 61.
  • Le cirque commence à cheval – Adrian.
  • Notes généalogiques Paul Salasca.
  • Histoire de l’Art Dramatique depuis vingt-cinq ans – Théophile Gautier.
  • Almanach des spectacles – 1837/1838.
  • Circus-Archäologie – Hermann Saguemüller.
  • Follet – 10/11/1839.
  • La Merveilleuse Histoire du Cirque – Henry Thétard.
  • Le cirque et ses étoiles – Tristan Rémy.
  • Le cirque du Pecq – Tristan Rémy – Le Cirque dans l’Univers – n° 42.
  • Les dompteurs – Henry Thétard.
  • Programmes Franconi à Nancy – mai  – juin 1840.
  • Le Constitutionnel – juillet 1840.
  • Circus-Archäologie – Hermann Saguemüller.
  • Cabinet de Lecture – 15/01/1841.
  • Annonce Cirque Olympique – 21/02/1841.
  • Courrier des Théâtres – 15/05/1841.
  • Les Coulisses – 3/06/1841.
  • Le Corsaire 2/1/1842.
  • Les Clowns – Tristan Rémy.
  • Cirque National – Annonces – 1843.
  • L’Illustration – octobre – décembre 1843 – octobre – décembre 1844.
  • Jules François Fernand Gallois – Tristan Rémy – Le Cirque dans l’Univers – n° 68.
  • Antonio Franconi e la nascita del circo – Giancarlo Pretini.